Réouverture du musée du Mont-Blanc

Après cinq ans de travaux, le musée du Mont-Blanc, feu Musée alpin, va réouvrir ses portes le 11 juillet. Un moment attendu pour ce lieu emblématique, l’un des plus grands consacrés à la montagne en France.

Le temps a peut-être paru long aux Chamoniards et aux amoureux de la montagne, mais ce délai incompressible était nécessaire à la renaissance aboutie de ce musée rajeuni, modernisé et agrandi. Le musée du Mont-Blanc a retrouvé ses marques au même endroit, dans l’ancien Chamonix Palace, un bâtiment typique de la Belle Époque construit en 1910. Naturellement, l’architecture patrimoniale de cette bâtisse de style a été soigneusement conservée avec pour seule concession à l’apparence historique une extension, sous la forme d’un volume extérieur central, qui restitue la mémoire d’une ancienne rotonde existante jusqu’en 1935. Le corps intermédiaire a par ailleurs été retravaillé de manière contemporaine avec une nouvelle entrée, pour un accès piéton déporté du côté des quais de l’Arve.

Histoire, alpinisme et paysages

À l’intérieur en revanche, tout a été remodelé de façon à servir un nouveau propos autour de trois espaces d’exposition permanents reliés à trois thématiques principales : l’histoire du territoire et de ses adaptations, l’alpinisme (et les exploits qui l’ont construit) ainsi que les paysages, à travers la vision des artistes qui ont magnifié cet environnement. La surface d’exposition, considérablement agrandie, de 600 à 1 800 m², est par ailleurs aérée et ergonomique, au service d’une visite agréable, instructive et ludique.

Si la scénographie fait la part belle aux supports multiples, médiatiques et numériques, afin de répondre aux goûts de tous les publics (familles, public international, personnes en situation de handicap, groupes scolaires et adultes, etc.), elle ne cède pas pour autant au tout virtuel. La thématique historique, de la vallée agropastorale à la station touristique internationale, retrace ainsi 300 ans d'(r)évolution à travers des œuvres d’art et des tableaux d’époque, une maquette de territoire, des estampes, des photographies ou des objets usuels (matériel agraire, chaise à porteurs, etc.). Des films (évolution des glaciers) et des témoignages de chercheurs et scientifiques de la vallée viennent enrichir le propos.

Pour illustrer le deuxième volet, l’alpinisme sur le territoire du Mont-Blanc, un important fonds local a aussi été mobilisé, sollicitant la mémoire des conquérants du mont Blanc, ainsi que des collections d’objets, des tableaux de Gabriel Loppé, des films, des photos et diverses animations.

Une montagne d’œuvres d’art

Au rez-de-chaussée enfin, la partie « Paysages : regards d’artistes sur le territoire du Pays du Mont-Blanc » fait la part belle aux représentations d’artistes haut-savoyards (XIXe siècle) ainsi que de peintres-visiteurs (XXe siècle), une production diverse mêlant les œuvres classiques à celles des romantiques et des fauvistes. Cette collection, considérablement enrichie, est notamment issue de dons de particuliers ainsi que de prêts du Département de la Haute-Savoie et de l’association des Amis du Vieux Chamonix.