Terre de défis, Chamonix est une vallée qui attire tous les sportifs, et les cyclistes ne font pas exception. Le site permet de rayonner facilement aux alentours, que ce soit en gravel, en vélo de route ou en VTT. Si les itinéraires mythiques restent de véritables challenges lancés aux plus aguerris, on peut aussi découvrir les routes et chemins chamoniards sur un rythme contemplatif.
En gravel comme en vélo de route, arriver jusqu’à Chamonix peut déjà être un voyage en soi. Depuis Genève et les rives du Léman ou depuis Annecy, on peut ainsi sortir d’un train et commencer à pédaler. Un périple original, qui incarne parfaitement l’esprit de la mobilité douce et du voyage « slow », tout en découvrant des paysages somptueux. Hugo Cléchet, rédacteur en chef du magazine Échappées Vélo en a fait l’expérience. « C’est assez cool d’être immédiatement dans l’aventure dès la sortie de la gare. Durant deux jours, nous avons découvert des paysages extrêmement variés, une belle alternance de routes et de chemins gravel, parfois assez techniques. » Pour ceux qui préfèrent l’asphalte, la véloroute Chamonix-Léman fait la part belle aux voies cyclables et petites routes sur 90 kilomètres, le long de la vallée de l’Arve. Sans doute le meilleur échauffement pour les nombreux itinéraires mythiques qui sillonnent les massifs autour du mont Blanc…
Cols et itinéraires légendaires
Car si la vallée de Chamonix en elle-même recèle quelques jolies balades, le lieu s’avère surtout être un camp de base idéal pour rayonner aux alentours. Pour de nombreux cyclistes, le défi numéro un reste le célèbre tour du Mont-Blanc qui, comme en trail ou en randonnée, constitue un incontournable au départ de Chamonix. De multiples variantes, des routes avec vues panoramiques aux sentiers les plus techniques, permettent de se bâtir un trajet sur mesure. En vélo de route, la boucle reine débute par le col des Montets pour mettre le cap sur la Suisse et Martigny. Au terme de trois ou quatre jours, on traverse trois pays, puisque la seconde étape rejoint Aoste (Italie), par le célèbre col du Grand-Saint-Bernard. Plus de 9 000 mètres de dénivelé positif s’ajoutent au compteur alors que les paysages défilent en passant par Bourg-Saint-Maurice, le fameux Cormet de Roseland, puis le col des Saisies, Megève… 320 kilomètres d’efforts, avec toujours le mont Blanc en toile de fond, pour un finish à couper le souffle en ralliant Chamonix. En gravel ou en VTT, l’esprit demeure le même, avec des chemins plus ou moins étroits, plus ou moins cassants, mais « cela reste toujours sportif et technique » prévient Camille Pic, monitrice de vélo à Chamonix. La vallée est aussi un bon point de départ pour des sorties à la journée, sur des trajets moins longs et moins ambitieux. La montée au col des Montets puis au barrage d’Émosson est ainsi une route incontournable pour en prendre plein les yeux. « En gravel, il y a de très jolis chemins plus bas en vallée de l’Arve, évoque Camille, mais aussi côté Suisse, avec pléthore de bons itinéraires. »
D’Annecy à Chamonix en gravel
Hugo Cléchet est parti d’Annecy pour rejoindre Chamonix en gravel. Une aventure entre route et chemins, « qui se destine clairement à des cyclistes expérimentés avec une bonne condition physique. Le premier jour, nous avons emprunté des sections de route jusqu’à la Croix Fry, puis nous en avons pris plein les yeux sur la Route de la Soif, un chemin très gravel au cœur des Aravis. Le lendemain, l’itinéraire est devenu plus raide et assez cassant, avec des chemins typés single. Il faut garder en tête que c’est du gravel d’experts ! Opter pour des pneus larges, plus typés VTT est une bonne idée pour être plus à l’aise sur ce tracé comme pour rouler autour de Chamonix. La force du lieu, c’est sa beauté, chaque épingle révèle un panorama exceptionnel ».
Chacun son rythme
L’assistance électrique a démocratisé le vélo auprès d’un public moins sportif, permettant d’explorer des circuits d’habitude réservés aux plus aguerris. Mais des balades en fond de vallée sont aussi l’occasion de s’initier et de pédaler tranquillement. Camille, qui organise d’ailleurs des sorties découverte, apprécie particulièrement « le chemin des Diligences, des Houches à Servoz. J’aime également monter jusqu’à Argentière en passant par le Lavancher, pour faire une sorte de tour de la vallée ». Des circuits qui permettent de s’adapter facilement au niveau, à la condition physique des gens ou simplement au temps dont ils disposent pour pratiquer. Le gravel est de plus en plus plébiscité, car en empruntant des chemins, il permet d’éviter la circulation, intense durant les mois d’été. « Mais il demande un peu plus de technique que le vélo de route, surtout en montagne, donc prendre des cours peut être une bonne solution. Cela permet d’évoluer sur des circuits adaptés, à son niveau, alors que parfois, lorsque l’on suit des amis plus expérimentés, on se retrouve vite dans des chemins raides et cassants » explique Camille, dont la structure Glow s’est spécialisée dans l’enseignement du vélo aux femmes. Car pédaler doit rester avant tout un plaisir, un moyen de s’évader dans la nature, dans le cadre exceptionnel de la haute montagne, face au mont Blanc, omniprésent.



